L’exposome, un concept récent qui concerne la santé de tous

Exposome : quand les facteurs individuels se conjuguent à l’hérédité
(Image par PublicDomainPictures de Pixabay)

Qu’est-ce que l’exposome ? Ce terme relativement récent devrait devenir aussi familier que celui de génome. En effet, l’exposome nous concerne tous et pourrait ouvrir une voie nouvelle à l’évaluation des risques de santé.

Définition d’exposome

Le terme exposome est apparu en avril 2015 dans le projet de loi de modernisation de notre système de santé. L’article premier de ce texte le définit comme « l’intégration de l’ensemble des expositions pour la vie entière » et précise que « [l]’analyse des risques pour la santé de la population prend en compte l’ensemble de l’exposome, c’est-à-dire l’ensemble des facteurs non génétiques qui peuvent influencer la santé humaine ». Cet article figure désormais dans le Code de la santé publique (article L. 1411-1). En outre, le concept a été intégré au troisième Plan national santé environnement.

La notion d’exposome

L’étude de l’exposome implique l’analyse de l’ensemble des facteurs environnementaux auxquels l’homme est exposé de sa conception jusqu’à sa mort. Ces facteurs peuvent être de nature très diverse. C’est pourquoi l’on parle d’ores et déjà d’exposome biologique, chimique, psychosocial, etc.

« Il est maintenant reconnu que les expositions externes et internes (alimentation, pollutions, microbiome intestinal, médicaments et produits de soin, radiations, stress…) jouent un rôle important sur notre état de santé et peuvent contribuer à l’apparition des maladies non-transmissibles chez l’homme (cancer, maladies métaboliques et obésité, troubles de la reproduction, allergies…). »

École des Hautes Études en santé publique

L’exposome est un nouveau paradigme scientifique. En incluant un ensemble de facteurs environnementaux, l’étude des synergies entre ces différents facteurs et celle de leurs effets sur la santé dans le temps, il marque l’avènement d’une médecine à dimension holistique.

Origine du terme

Le néologisme exposome a été inventé (en anglais) par l’épidémiologiste britannique Christopher Wild. Sa première apparition dans la littérature scientifique date d’un article paru en 2005 dans Cancer epidemiology, biomarkers & prevention. Comme un grand nombre de termes scientifiques issus du grec ou du latin, il est identique en français.

Exposome est l’alliage du substantif exposition et du finale de génome (genome, en anglais). Génome est lui-même formé du substantif gène et des dernières lettres de chromosome. Quant à chromosome il se compose de l’élément chromo- et du suffixe -some (venu du grec -soma en passant par le néerlandais), qui signifie « corps ».

Exposome et génétique

La formation de ce terme s’est faite par analogie avec la notion de génome. De même que le génome est l’ensemble des gènes d’un organisme, l’exposome est l’ensemble des facteurs environnementaux auxquels nous sommes exposés dès la vie intra-utérine.

Cette analogie pourrait sembler étrange puisque l’exposome est justement un ensemble de facteurs non génétiques. Il existe pourtant un lien entre génétique et exposome. Le généticien américain Francis Collins a résumé cette relation dans la formule « genetics loads the gun and environment pulls the trigger » («la génétique charge le fusil et l’environnement appuie sur la gâchette »).

Un néologisme officiel

Largement utilisé par la communauté scientifique internationale depuis plusieurs années, exposome est entré dans le dictionnaire Collins en ligne en juin 2020. En décembre 2020, la Commission d’enrichissement de la langue française lui faisait les honneur du Journal officiel.

Comment appelle-t-on la science de l’exposome ?

L’étude de l’exposome est principalement l’affaire de la toxicologie et de l’épigénétique. Cependant, elle concerne aussi l’épidémiologie, les sciences sociales et les nombreuses disciplines en -omique qui lui prêtent leur concours.

Il existe terme spécifique pour nommer cette science transversale : l’exposomique. Il est usité depuis 2018 environ, de même que l’adjectif exposomique.

En anglais, cette discipline se nomme tantôt exposure science, tantôt exposomics. Quant aux spécialistes de cette spécialité, ce sont les exposure scientists. À quand les « exposomiciens » en français ?

Conclusion

L’exposomique doit permettre, à terme, de prévenir ou de soigner autrement des pathologies courantes – maladies cardiovasculaires, diabètes, cancer, bronchopneumopathie obstructive, mucoviscidose. Elle représente aussi un espoir pour la compréhension des maladies orphelines. Cependant, cette discipline doit encore relever de nombreux défis opérationnels inhérents à sa nature pluridisciplinaire.

Si le sujet vous passionne, une abondante matière est disponible sur le web. En décembre 2020, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques lui a consacré une note très complète. Intitulée « L’exposome, un défi scientifique », elle récapitule les défis, les limites et les perspectives de cette approche.

Enfin, n’oublions pas que notre exposome ne comprend pas que des facteurs néfastes à notre santé. Il englobe aussi des facteurs qui nous font du bien !

admin8600

Musicienne et traductrice de formation, amoureuse des mots depuis toujours, je suis venue à la rédaction et à l'écriture par le biais de la traduction.

Cet article a 2 commentaires

  1. Merci pour ce commentaire.
    J’essaie de limiter la longueur des articles publiés dans ce blog tout en y fournissant un contenu précis et informatif.
    Tout lien vers des pages plus détaillées (et pertinentes) est donc bienvenu.

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